Musée du Malgré-Tout
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Du condor au lama

Chasse et domestication au pays des Incas

Le Musée du Malgré-Tout de Treignes et les Musées Royaux d'Art et d'Histoire de Bruxelles se sont associés pour présenter au public une exposition originale consacrée à un aspect du pays des Incas, le Pérou, celui des animaux qui peuplèrent - et peuplent encore - ce vaste territoire aux paysages divers.

Cette variété devait naturellement permettre l'apparition d'espèces adaptées à des climats et des milieux naturels fort différents. La forêt tropicale, peu touchée par les grandes civilisations préhispaniques, leur fournira néanmoins des oiseaux aux plumages multicolores. Les aras seront probablement les plus appréciés puisque les dépouilles momifiées de certains se retrouveront parmi le mobilier funéraire accompagnant les momies enterrées dans le désert côtier.

Les félins deviendront les animaux de compagnie de certains souverains ou de dieux. Le jaguar, par sa force et sa prestance, sera le plus estimé dès que les premiers grands centres cérémoniels s'érigent à Kotosh, à Chavin, à Garagay. Cette prédilection envers les grands animaux symbolisant les diverses facettes de l'Univers (le serpent pour le monde souterrain, le félin pour le monde terrestre et le condor pour le monde céleste) ne sera pas l'unique préoccupation des populations péruviennes.

Vers 6000 avant J.C., les premiers animaux domestiques font leur apparition. Le cochon d'Inde, le lama, l'alpaga, le chien, le canard musqué entrent peu à peu dans le cercle des humains. Malgré la sédentarisation, les activités de chasse et de pêche se poursuivent jusqu'à l'arrivée des Espagnols.

Tout ce monde animal qui entoure les Péruviens entrera également dans le répertoire d'images des artistes; potiers, métallurgistes, tisserands, sculpteurs réaliseront de véritables oeuvres d'art destinées à honorer surtout leurs dieux et leurs morts. A côté des représentations réalistes - notamment celles des potiers mochicas, probablement les plus doués -, des êtres hybrides combinant traits humains et animaux viendront peupler un panthéon défiant toutes les imaginations de nos propres artistes (sauf peut-être Jérôme Bosch).

Cette magie de certaines espèces animales se perpétue de nos jours. Les guérisseurs n'hésitent pas à utiliser des foetus de lamas ou d'autres dépouilles pour affronter le mauvais sort qui s'acharne sur un de leur patient ou pour leur assurer leur guérison. Leurs gestes et leurs relations avec le monde animal répètent les images qui défilent sur les objets de leurs ancêtres précolombiens.

Grâce à l'exposition, le visiteur pourra découvrir ce fabuleux monde animal reproduit sur des tissus, des parures d'argent et de bronze, taillé dans le bois, modelé dans l'argile. Plus de 120 pièces, complétés de textes et d'illustrations originales, sont là pour guider le visiteur dans un voyage dans l'espace et à travers le temps, puisqu'il parcourt plus de 3000 ans d'histoire.

MRAH